L'impact du stress sur le SOPK



Aujourd’hui, le stress est forcément vu comme quelque chose de négatif. Mais il est important de comprendre qu’au départ, le stress est une réaction normale que notre organisme met en place pour faire face à une situation qui pourrait lui paraître nouvelle ou dangereuse. Il n’est pas fait pour durer. C’est en fait un mécanisme de défense qui permet la survie et l’adaptation. Pourtant, le stress n’est pas le seul responsable du SOPK mais peut fortement contribuer à l’apparition ou l’aggravation des symptômes.



Que se passe-t-il dans le corps quand on est stressé ?


Le système nerveux possède deux modes :

- Le parasympathique qui permet un fonctionnement harmonieux des organes, le mode croisière.

- Le mode orthosympathique, qui lui est le mode de l’action.


Dans l’idéal, le système nerveux parasympathique est celui activé par défaut la majeure partie du temps. Le système nerveux orthosympathique s’enclenche ponctuellement pour faire face à une situation nouvelle ou jugée dangereuse (psychologique ou physique) par l’organisme puis le système nerveux bascule à nouveau en fonctionnement de croisière.


Prenons un exemple concret.

Vous êtes dans la forêt et vous vous retrouvez nez à nez avec un ours.

2 possibilités s’offrent à vous : Vous préparer à vous battre pour vous défendre ou vous préparer à courir. Dans les deux cas, le corps doit pouvoir réagir rapidement et avoir l’énergie pour supporter l’effort.

Bien évidemment, on ne croise pas d’ours régulièrement, mais le cerveau n’est pas en capacité de faire la différence entre un danger physique réel et une situation jugée « menaçante » psychologiquement comme être coincé dans les bouchons, un patron mettant la pression pour finir un dossier dans les temps ou encore s’imaginer monter sur scène devant 1500 personnes. Les réactions physiologiques seront exactement les mêmes.


Le système nerveux orthosympathique va alors s’enclencher le temps que vous soyez hors de danger et provoquer la sécrétion d’hormones par les glandes surrénales (la noradrénaline, l’adrénaline et le cortisol) qui vont déclencher toute une série de réactions physiologiques comme :


- L’augmentation du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire pour augmenter l’oxygénation des muscles

- L’augmentation de la tension artérielle pour permettre un apport d’énergie rapide dans les muscles si besoin

- L’augmentation de la transpiration

- La diminution de l’activité du système digestif (On est d’accord que ce n’est pas le moment d’aller au petit coin, ni d’utiliser de l’énergie pour la digestion, n’est-ce pas ?) - L’augmentation du taux de sucre sanguin (l’énergie du corps est fabriquée en grande partie grâce au sucre)

- Diminution de la sensibilité à l’insuline des cellules (Pour maintenir un taux de sucre élevé dans le sang)

- Activation du système immunitaire pour une action anti-inflammatoire afin que le corps soit prêt à se défendre en cas de blessure.


La réaction des glandes surrénales est déclenchée sur commande du système endocrinien, véritable orchestre de notre métabolisme. Quand le cerveau perçoit une situation nécessitant de mettre en route le mécanisme de stress, il envoie l’information à l’hypothalamus, chef d’orchestre, qui contrôle toutes les autres glandes endocriniennes : les surrénales qui produisent, entre autres, les hormones du stress, l’hypophyse et la thyroïde qui agissent sur le rythme cardiaque et la tension artérielle, et le pancréas qui régule la glycémie.

Le stress est donc bénéfique. Sa perception est d’ailleurs subjective puisque chacun a des expériences de vie différentes. Seulement, quand les agents stressants sont nombreux, ce qui est assez commun dans notre mode de vie actuel ou encore que l’on n’arrive pas à trouver de solution efficace pour sortir de la situation stressante, que le stress dure dans le temps et qu’il devient chronique, cela devient éprouvant pour l’organisme qui doit rester en alerte en permanence et c’est là que les complications surviennent. C’est donc uniquement le stress chronique qui est néfaste.


En quoi le stress peut-il impacter le SOPK ?


Le stress chronique, comme vous vous en doutez, peut-être un facteur déclenchant ou du moins aggravant du SOPK. Le corps finit par avoir des difficultés à rester en surrégime et n’arrive plus à réagir correctement aux hormones du stress : on peut donc développer une résistance à l’insuline et voir l’inflammation augmenter. Deux grandes causes possibles du SOPK.

Un certain nombre de symptômes ou complications peuvent donc être liés au stress chronique tels que :


- Hyper androgénie (hirsutisme, chute de cheveux, acné) lié directement aux taux d’insuline élevés dans le sang

- Prise de poids

- Troubles digestifs

- Troubles du sommeil

- Anxiété et dépression

- Asthénie

- Diabète type 2 et maladies cardiovasculaires


Sans compter sur le fait que l’organisme ayant mobilisé toutes ses ressources pour faire face à un danger, le système endocrinien peut montrer des signes de fatigue et mettre le système de reproduction sur pause. De plus, comme le cortisol est produit à partir de la même substance que la progestérone, hormone essentielle de la deuxième partie du cycle menstruel, il est possible que le corps de réussisse pas à en produire suffisamment.


Ce qui peut découler sur :

- Des troubles de l’ovulation (absence ou irrégularité)

- Des fausses couches

- Des règles irrégulières ou absentes

- Un syndrome prémenstruel très intense

- Des troubles de la libido


Que peut-on faire pour le diminuer ?


Nous n’avons pas de contrôle sur l’extérieur, il est donc quasi impossible d’éviter toutes les situations stressantes. Par contre, il est possible d’agir sur la façon dont nous les percevons mais aussi de soutenir notre organisme pour compenser les effets du stress chronique afin de diminuer les symptômes du SOPK ou du moins éviter qu’ils n’empirent grâce à :


- Des techniques de relaxation et respiration

- L’activité physique pour évacuer les tensions et augmenter la sensibilité à l’insuline - Une alimentation riche en vitamines et minéraux bénéfiques au système nerveux - La phytothérapie : certaines plantes sont réputées pour améliorer la qualité du sommeil, apaiser le système nerveux ou aider l’organisme à faire face au stress

- Les compléments alimentaires : Le stress chronique favorise l’apparition de certaines carences dont le magnésium (70% de la population est carencée en magnésium qui joue un rôle dans le système nerveux mais dans au moins 300 autres réactions de l’organisme). - Thérapies basées sur la régulation émotionnelle (TCC, MBCT)

- Certains traitements à base d’antidépresseurs ou anxiolytiques (Sur prescription médicale) si l’intensité ou la durée du stress chronique venaient à provoquer des troubles psychologiques/psychiatriques.


De nombreuses techniques de relaxation existent, à vous de les essayer et de trouver celle qui vous conviendra le mieux : sophrologie, méditation, cohérence cardiaque mais aussi yoga, l’EFT, et bien d’autres …


N’hésitez pas à vous entourer de professionnels qualifiés pour vous accompagner dans le cadre d’une prise en charge globale : Naturopathe, psychologue/psychiatre, sophrologue, mais aussi des médecins ou professionnels formés en micro nutrition ou phytothérapie.



Pour aller plus loin :

https://www.inrs.fr/risques/stress/effets-sante.html

https://www.stresshumain.ca/le-stress/

https://www.inserm.fr/dossier/infertilite/

https://www.inserm.fr/dossier/depression/

https://presse.inserm.fr/quand-le-stress-affaiblit-les-defenses-immunitaires/38527/ https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2009/revue-medicale-suisse-206/dysfonction metabolique-et-stress-chronique-un-nouveau-regard-sur-la-pandemie-de-diabesite#tab=tab-read



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